En dates des 05 et 06 mars 2026, s’est tenu respectivement le pré-congrès et le 4ème congrès ordinaire de la Confédération de Syndicats du Burundi (COSYBU). Ces assises ont eu lieu à l’Hôtel Source du Nil.
Pour la première journée, on a assisté aux activités du précongrès qui a été ouvert par le Président de la COSYBU. Avant de passer aux activités proprement dites du congrès, il a été observé une minute de silence en mémoire de feu Tharcisse Gahungu, ancien Président de la COSYBU et conseiller général qui venait de décéder.
Le public a ensuite suivi la leçon inaugurale intitulée « Extension de la protection sociale du secteur informel au Burundi : Défis et perspectives », présentée par Maître Janvière Nirutanya, Directrice de la Mutuelle de Santé du secteur Privé.
La présentatrice a défini les concepts clés de l’économie informelle et rappelé que la recommandation 202 de l’OIT constitue le socle de la protection sociale, chaque pays définissant sa base et ses modalités d’application. Pour le Burundi, il est prévu que tout résident bénéficie d’une garantie aux soins de santé essentiels, d’une sécurité alimentaire et d’une éducation pour les enfants, ainsi que d’une sécurité garantie pour les personnes actives et les plus âgées.
Selon l’oratrice, il s’observe un déséquilibre entre les intérêts de ceux qui financent les mutualités publiques et privées et ceux qui en bénéficient, ainsi qu’un manque de transparence dans la gestion de ces biens. Pour y remédier, il faut réduire les inégalités sociales, stabiliser la consommation globale et investir dans le capital humain pour une croissance plus inclusive.
Elle a détaillé les différents régimes existants : régimes de pension et de soins médicaux, gratuité des soins pour certaines maladies (tuberculose, diabète), mutuelles contributives (carte d’assistance médicale, mutuelle de la fonction publique, mutuelle communautaire de santé) et assurances santé. Elle a relevé des rehaussements exagérés des tarifs de soins, une concurrence déloyale entre assurances et mutualités, ainsi que du clientélisme et de la corruption. Des cadres de dialogue social sont en cours pour réduire ces irrégularités, notamment le dialogue national sur le financement de la santé.
Le deuxième jour du congrès a été ouvert par la prière et l’hymne national, suivis de l’allocution du Président sortant de la COSYBU, Camarade Célestin Nsavyimana. Dans son mot de bienvenue, il a de nouveau invité l’assemblée à observer une minute de silence en mémoire de Tharcisse Gahungu, avant de rappeler que le dernier congrès remontait au 19 octobre 2019. Le retard accumulé s’explique par la nécessité d’adapter les statuts de la COSYBU à la réforme administrative ayant réduit le nombre de provinces de dix-huit à cinq et le nombre de communes à quarante-deux.
Après la présentation des invités, plusieurs messages ont été délivrés : le Président de la Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB) a salué la bonne collaboration entre la CSB, la COSYBU et le Gouvernement dans la lutte contre la corruption et la promotion de la protection sociale. Le représentant de l’Association des Employeurs du Burundi (AEB) a souligné que la méfiance d’autrefois a laissé place à une collaboration étroite pour la promotion du travail décent et la Vision du Burundi émergeant en 2040.
Le représentant du DTDA a annoncé que son organisation concentrera sa coopération sur le dialogue social, le mémorandum d’entente entre la Mairie de Bujumbura et la COSYBU pour l’encadrement des travailleurs de l’économie informelle, ainsi que sur l’aménagement des parkings de Bujumbura. Le Président du Comité National de Dialogue Social (CNDS) a salué l’implication de la COSYBU dans la mise en place de la charte nationale de dialogue social.

Le Président de la CSB, la Directrice pays du BIT (Dar es Salaam) et le Président du Comité National de Dialogue Social lors des messages des invités
L’Ambassadeur de Belgique au Burundi a félicité la COSYBU pour l’organisation du congrès, rappelant le soutien belge au dialogue social entre partenaires sociaux. Le représentant du Mouvement social-chrétien de Belgique a rappelé que le travail décent et la protection sociale sont des droits des travailleurs et non des avantages.
La Directrice pays du BIT basée à Dar es Salaam a réaffirmé, au nom de l’OIT, que le dialogue social et le droit d’organisation sont au cœur du mandat du BIT, et que le développement des compétences est nécessaire pour que les travailleurs ne soient pas bloqués par les nouvelles technologies. Olivier Valentin, Secrétaire Général de la Confédération générale des syndicats libéraux de Belgique (CGSLB), a salué des relations vieilles de 20 ans avec la COSYBU.
Le discours tant attendu fut celui du Ministre du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale, qui a remercié la COSYBU pour son invitation, y voyant la preuve d’un dialogue social franc et sincère entre syndicats, employeurs et gouvernement. Il a encouragé la maturité de la COSYBU dans la promotion du dialogue social et de la sécurité sociale avant de déclarer solennellement l’ouverture du congrès.
Le congrès a réuni les membres du Bureau Exécutif sortant, le comité confédéral, les délégués syndicaux ainsi que les comités provinciaux et communaux interprofessionnels, en présence des représentants du Gouvernement, du CNDS, de l’Ombudsman burundais, de l’AEB, de la CSB, de la Société Civile, de l’Ambassade de Belgique, du BIT et du DTDA.